Lachat Stéphanie

Après avoir travaillé pendant 4 ans à la Fondation Mémoires d’Ici, centre de recherche et de documentation pour l'histoire régionale (Saint-Imier) (1999-2003), Stéphanie Lachat a effectué un DEA en Etudes genre ponctué par une recherche consacrée au féminisme d'Etat en Suisse et en particulier aux positions et actions des bureaux de l’égalité sur la question de l’articulation famille-emploi. Les résultats sont publiés dans un article (in Régulation sociale et genre, L’Harmattan, 2006).

Sa thèse de doctorat consiste en une mise en perspective socio-historique du débat actuel à propos de la ‘conciliation’ famille-emploi, telle que proposée par les milieux économiques. Cette recherche croise les perspectives sociologique, historique et de genre pour explorer un paradoxe : au moment où l’idéal de la femme au foyer est traditionnellement reconnu comme étant le plus fort (lors de l’industrialisation, dans les crises de l’Entre-deux-guerres et durant les Trente Glorieuses), l’horlogerie suisse fait un recours massif à la main-d’œuvre féminine. Ces ouvrières sont souvent mariées et mères ; les élites socio-économiques préfèrent les voir travailler en fabrique plutôt qu’à domicile. Sur le terrain horloger, véritable laboratoire sociologique, les élites se réservent l’idéal de la femme au foyer. Pour et dans les familles ouvrières se met en place un modèle concurrent : la « logique de la double tâche ». Elle repose sur l’équilibre sans cesse redéfini des pôles professionnel et domestique. Les deux, ensemble, font partie intégrante de l’identité des ouvrières. Elles sont ouvrières ET ménagères-mères. Elles sont femmes au foyer sans y être.

Cette recherche a été soutenue par l’Université de Genève, où Stéphanie Lachat a travaillé comme assistante de recherche et d’enseignement, puis par le FNS, lorsqu’elle était chercheuse associée de l’Université de Saint-Gall.

Stéphanie Lachat est actuellement en charge du patrimoine historique d’une grande marque horlogère suisse.

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