Dégradation des environnements et de la santé

Appel à contributions pour le numéro de NQF 47/2 2028

Coord. : Marie Mathieu, Béatrice Bertho, Anne Marchand et Lucile Ruault

La liste des scandales sanitaires liés aux environnements – de travail et de vie – ne cesse de s’allonger : amiante, chlordécone, perturbateurs endocriniens, PFAS, dioxines et métaux lourds et, tout récemment, cadmium. Ces désastres s’inscrivent dans une longue histoire industrielle et coloniale. L’économie de plantation centrée sur la monoculture a saturé les sols de pesticides et généré des séquelles sur plusieurs générations. Les essais nucléaires ont irradié des territoires entiers, au mépris de leurs habitant·es, tandis que l’extractivisme minier n’en finit pas d’empoisonner les nappes phréatiques et les corps humains, particulièrement ceux des groupes subalternes. À ces contaminations s’ajoutent les effets sanitaires des dérèglements climatiques et de la perte de biodiversité qui démultiplient les expositions et redoublent l’urgence d’une lecture politique de la santé environnementale.

Conceptualisées comme des violences lentes, ces dégradations environnementales ont des effets diffus sur la santé des personnes. Ces derniers s’étalant dans le temps et par-delà les frontières érigées entre espaces, leurs causalités demeurent difficiles à démontrer. Croiser genre, santé et environnements – au sens des écosystèmes comme des sphères du travail –, c’est assurément se retrouver face à un gouffre d’incertitudes : aux mécanismes d’invisibilisation des maladies d’origine environnementale, s’ajoutent les silences des études épidémiologiques dès qu’il s’agit de la santé des femmes dans les lieux de leur activité salariée, mais aussi non-rémunérée. C’est ce double angle mort que ce numéro thématique cherche à explorer, en féministes. Sont attendus des articles qui explorent le genre de la santé – et donc en miroir celui des maladies – dans un monde dégradé. Souhaitant réunir des propositions tant empiriques que théoriques, avec différentes échelles d’analyse, depuis les forces globales à l’origine de ces mécanismes jusqu’aux acteur·rices, par l’observation fine de processus territorialisés, ce numéro est ouvert à des propositions de diverses disciplines des sciences humaines et sociales sur des situations variées dans l’espace et dans le temps, qui pourront s’inscrire dans les axes suivants.

  1. Des lanceuses d’alerte : la construction de causes environnementales
  2. Agentivité, travail préventif et rapports de pouvoir
  3. De la prise en charge médicale à l’indemnisation des maladies environnementales

Les propositions d’articles de 2 pages (hors bibliographie) sont attendues pour le 15 janvier 2027 en format Word, envoyées par courriel à marie.juliette.mathieu gmail com, lucile.ruault cnrs fr, beatrice.bertho hetsl ch et anne-marchand orange fr. Préciser nom et prénom des auteur·ices, leur discipline. Si la proposition est sélectionnée par les coordinatrices, la 1e version des articles (45 000 signes) devra être soumise à la rédaction de NQF d’ici le 15 septembre 2027, dans un format conforme aux consignes aux auteur·e·s consultables sur le site de Nouvelles Questions Féministes. Le groupe de coordination transmettra l’article anonymisé à deux rapporteurices pour évaluation en double aveugle.

Ces articles paraîtront dans la rubrique Grand angle du numéro qui sortira en septembre 2028.

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